En relaxant le 17 février dernier, Yan Rutili, hier lanceur d’alerte, aujourd’hui candidat à la mairie de Thionville, le tribunal de la ville a implicitement reconnu les possibles collusions entre des élus et le promoteur Stéphane Noel. Le PD-G du groupe Habiter avait déposé plainte pour diffamation après la publication de vidéos sur YouTube intitulées #ThionviLeks (fuite de documents). Et notamment cette vidéo où il est question d’un « pacte de corruption » (entre élus et promoteurs).
Certes, le tribunal a relaxé sur un problème de procédure, estimant que les faits incriminés relevaient de l’injure et non de la diffamation, selon la loi de 1881. Mais la nuance juridique, très subtile, n’est intelligible que pour les professionnels du droit. Pour les profanes, Yan Rutili est lavé de tout soupçons et ses accusations restent impunies.
Du pain béni pour celui qui a décidé, depuis, de prendre la tête d’un groupe de citoyens nommé ACTHIFS pour partir à l’assaut de la maire.

La justice n’est pas dupe

Cette nouvelle relaxe du trublion de la politique thionvilloise montre, mine de rien, que la justice n’est pas dupe de ce qui se trame dans les arrière-boutiques de la politique et de certaines entreprises. Ces liens invisibles tissés entre des élus et des promoteurs où l’argent tient lieu de morale.
Nous avons évoqué, plusieurs fois, ce repas du 13 octobre 2017 au restaurant La Lorraine, à Zoufftgen où tout fut décidé. Un festin réunissant le maire de Thionville, Pierre Cuny, son épouse, plusieurs adjoints et quelques chefs d’entreprise, notamment le PDG du groupe Habiter. C’est ce jour-là, au cours de ce festin-là, que fut acté verbalement et en public le fameux « pacte de corruption » dont par Yan Rutili.
De quoi s’agit-il ? D’un accord entre le maire et Stéphane Noël à propos de la création de deux ponts près de la gare, dans le cadre du nouveau plan de mobilité. L’adjoint Roger Schreiber aurait proposé (en forme de boutade ?) que l’épouse du maire en soit la marraine.
On sait ce qu’il est advenu de ces constructions : elles ont coûté 75 M€ d’argent public et sont parfaitement inadaptées pour les futurs Bus à Haut Niveau de Service (BHNS).

René HOMBOURGERreveal.moiModifier le profil