Le groupe Vinci Travaux Publics et ses agences locales Weiler et Eurovia ont des pratiques étranges sur les chantiers qu’ils réalisent et les marchés qu’ils passent : non-respect des contrats et des règles de l’art sur le terrain…
Les opérations de chantiers de Duho Immobilier dépassent tout ce que l’on peut imaginer en matière de manquement des entreprises à leurs obligations et de respect des contrats et donc de la loi.
Pourquoi en arrive-t-on là pour si peu de profits alors qu’ils occasionnent de lourds préjudices aux entreprises, à la municipalité et aux clients ? Comment ces chantiers pilotés par des maîtres d’œuvres, des ouvriers spécialisés et des professionnels peuvent-ils conduire à de telles situations ?
René Hombourger accuse nommément des sous-traitants de négliger intentionnellement ses travaux pour lui nuire. Il précise : « A ce jour, trois de nos lotissements ont été réalisés par un groupe de dimension nationale et ses agences locales. Il y a des malfaçons partout. »
- Premier exemple, à Evrange (29 lots réalisés), le constat est affligeant : « Les maisons sont raccordées à un système de microstations individuelles, il y a eu un sabotage complet des travaux. » (Voir la plainte ci-dessous)
- Deuxième exemple, à Mondorff, très proche du Luxembourg, (30 lots) : « un bassin de 600 m³ des eaux pluviales a été réalisé. La pente des évacuations est inversée… » Entreprise Eurovia.
- Troisième exemple, à Malling-Petite Hettange où 30 lots ont été réalisés (entreprise Weiler) : « Nous en sommes à 15 ans de procédures suite à des malversations et des problèmes sur les matériaux et les équipements. La reprise des travaux des réseaux ne peut se faire qu’après l’ouverture des voies de circulation et remise à neuf des réseaux. Ce qui implique d’importantes contraintes pour les habitants de ce lotissement ainsi que pour la municipalité. »
Pour René Hombourger : « Le bureau d’étude BEREST, et son technicien M. Hanus, sont lourdement responsables. »
Des irrégularités à tous les étages
A l’origine, des salariés consciencieux dénoncent les faits par les maîtres d’œuvres pour porter préjudice à Duho Immobilier : les entreprises Weiler et Eurovia, sous-traitantes du groupe Vinci. Ce dernier a suspendu le directeur de Weiler. Mais l’affaire a donné lieu à de nombreuses plaintes et à des expertises qui ne laissent aucune place au doute.
Sur les chantiers, des matériaux non-conformes au cahier des charges ont été posés. Exemple : la canalisation d’évacuation des eaux devait être de la classe CR8, très résistante. Or, l’entreprise a posé des tuyaux de type CR4 non adaptées au sous-sol de ces chantiers.
Même chose sur le chantier de Malling. On image les dégâts quelques années plus tard. « Il y a eu irrégularités à tous les niveaux, explique René Hombourger. Lorsqu’on réalise un lotissement, c’est pour qu’il dure plusieurs dizaines d’années, sans problèmes pour la mairie et pour les habitants. Or, sur ces chantiers, le CR4 s’écrase au bout de quelques années. Il en va de la responsabilité des entreprises concernées, mais aussi des autorités préfectorales et judiciaires qui n’ont rien fait. »
Comme expliqué lors d’une réunion, à la demande de René Hombouger, avec le sous-préfet de Thionville et les maires de Malling et d’Evrange le 6 juin 2024 (voir document), les malfaçons sont nombreuses. Il est écrit : « La société SNC Weiler a installé les Micro stations sans avoir respecté les préconisations du fabricant (ATB). La société ATB a retiré la garantie décennale… La société Duho Immobilier a déposé plainte contre la société SNC Weiler » (voir document). Le sous-préfet se devait de rappeler à la gendarmerie d’ouvrir une enquête sur la plainte déposée, ce qui n’a pas été fait. De même il devait saisir la répression des fraudes pour constater les manquements au contrat. Ne pas l’avoir fait est inacceptable car cela laisse la porte ouverte au laxisme.
Une plainte explicite
Dès le 9 novembre 2021, René Hombourger a déposé plainte à la gendarmerie de Thionville (voir document). Il explique : « Je suis propriétaire d’un chantier qui se trouve route de Hagen à EVRANGE (57). Le 27 mai 2018, je signe un contrat avec la société Weiler qui était en charge de viabiliser des routes pour un lotissement de 30 parcelles. Vers mi-mai 2019, j’ai été informé d’une manière anonyme par un membre du personnel de Weiler qui travaillait sur le chantier d’Evrange (un délégué du personnel du syndicat CGT), que d’importants détournements de matériaux et de normes de sécurité ont été effectués à mon détriment. Les évacuations d’eaux, des égouts et les pentes d’écoulements ont été inversés de manière volontaire pour me porter préjudice. Après cet échange, nous avons fait arrêter le chantier et avons procédé à des vérifications qui ont été réalisées par des experts. Ces vérifications ont constaté et confirmé les propos du témoin anonyme. Cette personne a ensuite été licenciée par sa société pour m’avoir informé des tromperies. Il a fallu engager une autre entreprise pour effectuer de nouveaux travaux afin de réparer les dégâts causés par la société Weiler. »
René Hombourger poursuit : « Je me retrouve aujourd’hui avec une absence de conformité totale et de graves nuisances de refoulement dégoûts dans les habitations. L’entreprise Weiler et le bureau d’étude SIM dont le responsable et maître d’œuvre est Alexandre Lorrain, responsable des travaux, de leur réception et conformité, ont volontairement pratiqué une tromperie de grande ampleur sur les matériaux et les installations. L’entreprise Weiler a muté le jour-même de la découverte son directeur, M Letaieff, afin d’être éloigné de ce chantier problématique dont il avait la responsabilité. Ce qui met en cause les services le COMCOM de Cattenom ainsi que le maire d’Évrange qui se retrouvent en difficulté face à cette situation. »
Au cours de cette plainte à la gendarmerie, René Hombourger précise que plus de quinze familles se retrouvent avec de graves refoulements dégoûts dans leurs habitations du fait que l’entreprise et le bureau d’étude ont volontairement, au niveau des réseaux, inversé la pente afin qu’elle ne s’écoule pas dans le canal principal mais à l’intérieur des habitations. De plus, le bureau d’étude comme l’entreprise établissent des attestations non conformes, qui sont encadrées par la loi, sur tous les réseaux ainsi que les réseaux électriques.
Le président du groupe Weiler, M. Hintzy, a été informé directement. C’était un habitué de Duho Immobilier à Thionville. Le directeur général du groupe Vinci Grand Est, Eric Maisonhaute (voir document) dont dépend l’entreprise Weiler, a suspendu sur le champ le directeur et s’est engagé à prendre toutes les erreur et défauts sur le chantier à sa charge et de ne pas évoquer la situation du licenciement du délégué syndical qui a travaillé sur le chantier (le témoin anonyme). Ce qui n’a pas été fait. Le directeur actuel, qui devait suivre les engagements de sa hiérarchie, vu l’ampleur des anomalies et des terribles nuisances pour les occupants, ne les assume pas. Le but de la pratique de ces entreprises et bureau d’étude sur ce type de dossier d’un montant de 2 millions d’euros par exemple, n’est pas d’avoir une marge de 20 % mais le double en utilisant ces procédés. Ils considèrent que ce type d’agissements sera classé comme commercial et non pénal. Ils pensent être intouchables. Ces pratiques sont fréquentes sur ce type de chantier.
« Ces pratiques font subir d’énormes difficultés et ont de graves répercussions sur la mairie d’Évrange, la collectivité et moi-même, qui sommes des personnes indépendantes face à ces multinationales, ajoute René Hombourger. C’est pour cette raison que le témoin anonyme doit être retrouvé afin d’apporter son témoignage afin que ces sociétés soient punies pour avoir licencié cet homme et pour leurs agissements lors des chantiers.
Les fournisseurs des micros-stations d’épurations individuels par maison d’habitation ont retiré leur garantie du fait de ces non-conformités. On estime le préjudice financier à 300 000 euros. »
Des expertises éloquentes
L’expertise de la société SEBA Aménagement et infrastructures (groupe Merlin) du 13 novembre 2020 (voir document) confirme les lourdes pathologies du chantier du lotissement Domaine de la Sapinière à Malling.
En conclusion, l’expertise précise : « Nous avons pu constater que les prescriptions du marché n’ont pas toujours été respectées par l’entreprise Weiler.
Ainsi : les matériaux de déblai provenant du site ont été réutilisés en remblais sans tenir compte des recommandations du géotechnicien et du Maître d’Œuvre ; le géotextile d’enrobage de l’enrobage des canalisations n’a pas été mis en œuvre ; les essais de compactage et d’étanchéité ont été parcimonieux et insuffisants pour juger de la qualité des travaux réalisés ; l’entreprise semble avoir ignoré le rapport de Compétence géotechnique.
La Maîtrise d’Œuvre, quant à elle, a permis, par les approximations des pièces du marché et un suivi laxiste des travaux, à l’entreprise Weiler d’imposer ses solutions techniques sans justificatif probant.
Les pièces du marché ne tiennent pas suffisamment compte des recommandations du géotechnicien et sont souvent approximatives. […]
Ces points ont mené à des décisions de chantier qui ont permis la mise en place d’ouvrages à la pérennité évolutive, qui génère dans le temps des pathologies sur les conduites et les regards. »
L’expertise judiciaire effectuée par Philippe Kientzy désigné par le tribunal de Thionville, le 15 octobre 2024, est particulièrement précise sur les malfaçons en tout genre constatées. S’agissant des 17 microstations individuelles de traitement des eaux usées, au lotissement A l’Orée de la Frontière, à Evrange, l’expert constate (page 10) « des dysfonctionnements importants de certaines stations ». L’entreprise Weiler ayant réfuté sa responsabilité, l’expert a procédé à l’ouverture des canalisations. Il constate des refoulements des eaux usées sur certaines stations. Un relevé altimétrique détaillé est réalisé le mercredi 6 octobre 2021. L’expert écrit : « Il ressort de ce relevé que 7 fosses comportent encore ce jour-là des contre-pentes sur leurs raccordements ».
Dans ses conclusions, l’expert constate la non-conformité des travaux au permis d’aménager (PA), la non remise en état de plusieurs microstations. « Il existe encore des risques de pathologies évolutives futures pour la totalité des lots » !
On aimerait savoir pourquoi la justice reste muette sur ces fraudes avérées.


