Moselle Révélations

Kuntzig : La longue histoire d’un clan mafieux

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La corruption érigée en système que nous dénonçons depuis plusieurs mois dans Moselle-Révélations, n’est pas le fruit du hasard ou de quelques rencontres fortuites entre corrupteurs et corrompus. La décadence des mœurs qui gangrène notre pays, nos régions, nos communes de Moselle, est souvent le produit de l’histoire. Ou plutôt des histoires macérées au fil du temps au sein de familles à la moralité douteuse. Un exemple éloquent : celui de Kuntzig, commune de 1300 habitants à quelques encablures du Grand-Duché de Luxembourg.

Leur loi, leur profit

« Un enquêteur de la gendarmerie m’a récemment demandé s’il n’y aurait pas ‘’un clan’’ qui exercerait une sorte de domination sur le village, se souvient René Hombourger. Cette idée de ‘’clan’’ m’a interpellé. Je me suis souvenu qu’il existait de vieilles familles qui, depuis toujours, faisaient la loi dans la commune. Leur loi. A leur profit. Alors que les précédents maires étaient neutres, j’ai compris que le maire, Patrick Becker, appartenait à ce clan et qu’il était sans doute le chef d’un réseau aux finalités un peu tordues. »
Originaire de Kuntzig, René Hombourger connaît bien ce village du nord mosellan où il est né et où il habite encore. Il en connaît toutes les rues, toutes les maisons, toutes les familles. Il n’ignore rien de leurs petites manigances comme de leurs grands secrets, ceux dont on ne parle qu’à voix basse.
« A Kuntzig, de tout temps, il y a eu trois familles qui ne se mélangeaient jamais aux autres habitants du village, précise René Hombourger. Les familles voisines Becker, Grosse et Laroche. C’était comme ça. »
Pour comprendre ces cachotteries, il faut remonter à l’ancien maire, Pierre Larchez (1883-1972). Pendant la guerre, il était pronazi et ne s’en cachait pas. Ce n’était pas du goût de tout le monde évidemment, et de nombreux jeunes quittaient le village par obligation.
Pierre Larchez s’est marié avec sa voisine, Marie Grosse. Ces familles accoquinées à l’une des branches de la famille Becker, profitaient de l’occupation pour piller des gens et faire main-basse sur leurs biens. Certains portaient même des titres nazis, comme celui de Feldführer (chef des terres). Leur comportement odieux a marqué la mémoire du vieux village.
« A cette époque, j’étais jeune et responsable de structures agricoles, rappelle René Hombourger. J’ai été favorisé par de nombreux propriétaires fonciers qui m’ont accordé la vente de leurs biens en priorité. Cela déplaisait au clan. »

La vengeance du clan

Les années ont passé. Mais le clan est resté soudé et très actif dans le village de Kuntzig. Les descendants de ces vieilles familles occupent désormais des postes de responsabilité au sein de la commune. Ils sont maire, adjoints, conseillers municipaux…. « Ils ont en commun de nourrir une haine viscérale à l’encontre de ma famille. Ils auraient aimé que la guerre nous prenne nos biens. »
« Le maire et ses acolytes ont décidé de se venger. Ils ont même conçu une sorte de pacte de corruption : ‘’ce que la guerre n’a pas enlevé aux Hombourger, le clan va mettre tout en œuvre pour le lui reprendre’’. Ce sera la vengeance du clan » analyse René Hombourger devenu un promoteur immobilier de la région de Thionville en créant Duho Immobilier.
De fait, depuis que Patrick Becker est arrivé aux affaires communales, les tracasseries vont se multiplier pour « le promoteur ». Exemple. « Lors de la dernière révision du PLU (Plan local d’urbanisme) certains terrains agricoles sont miraculeusement devenus constructibles, quand d’autres, alors classés constructibles, ont été déclassés en terrains agricoles. » Ce tour de passe-passe ne doit rien à l’intervention divine mais à la falsification de documents, à la fraude, aux enveloppes glissées sous la table. Bref, à la corruption.

Le préfet, via la Mission Régionale d’Autorité Environnementale (MRAe) du Grand Est s’en est offusquée. En 2021, elle rend un avis de « cadrage » relatif au projet de création de la Zone d’Aménagement Concerté de Kuntzig. (Voir pièce jointe). Elle recommande notamment « de revoir les besoins d’extension de l’urbanisation en prenant en compte les possibilités de mobilisation des dents creuses et de remise sur le marché de logements vacants et en respectant les densités fixées dans le ScoTA dans chaque secteur d’urbanisation. »
L’avis du préfet qui constate la fraude en date du 8 janvier 2019 demandait une réduction des zones à urbaniser en supprimant la zone 2AU de 2,98 ha correspondant au site « route de Distroff ».
La mairie n’en a tenu aucun compte. Il serait intéressant de connaître les petits arrangements financiers qui ont prévalu lors de l’élaboration de ce PLU, sachant que le maire de Kuntzig, Patrick Becker, réélu en mars 2026, reste celui qui veut ouvertement « du fric, du fric, du fric », comme nous l’avons déjà écrit.

A l’évidence, les élus municipaux qui ont approuvé le PLU concocté par Patrick Becker sont : soit de parfaits idiots qui votent n’importe quoi ; soit ils sont complices des magouilles du maire. A eux de choisir. (Photo des élus qui devront répondre de leur choix lors des enquêtes judiciaires)

Embrouilles et dessous de table 

« Le problème de travailler à Kuntzig, c’est le fric et les dessous de table ouvertement exigés par le maire actuel, confirme René Hombourger ». En effet, dans le cadre de son activité de marchand de biens, Duho Immobilier effectue des opérations d’aménagement foncier. En 2015-2016, il souhaite acheter une parcelle de 27a 03ca appartenant à la famille Becker pour construire un lotissement. Or, Patrick Becker, maire, fixe arbitrairement le prix à 10.000 € l’are soit un total de 270.000 € alors que les prix pratiqués dans le secteur tournent autour de 3500 €/are, soit environ 95.000 € pour l’ensemble de la parcelle. Patrick Becker exige en outre le paiement en espèces de 200.000 € supplémentaires.
Début avril 2016, René Hombourger assigne Patrick Becker devant le tribunal correctionnel de Thionville pour « tentative d’extorsion de fonds ».
Le maire de Kuntzig est furieux. Il répond le 12 avril 2016, en faisant voter à l’unanimité une délibération de non-renouvellement d’un bail de location de terres communales aux époux Hombourger signé en 1973 !  Ce vilain règlement de comptes qui mélange affaires privées et intérêt public n’a pas échappé au juge du tribunal paritaire des Beaux-Ruraux de Thionville. Le 5 septembre 2016 la mairie de Kuntzig est déboutée. Le bail ne sera donc pas résilié.
Le camouflet est insupportable pour le maire.
Comment expliquer ce revers aux élus du conseil municipal ? Le 19 septembre 2016, le maire ne fait pas dans la dentelle. Pendant une bonne demi-heure, il va faire le procès de la justice en général et du tribunal des Beaux-Ruraux en particulier. Quelques élus s’en offusquent. M. Fritz et Mme Lefèvre, notamment, demandent une suspension de séance pour avoir l’avis de René Hombourger présent dans la salle. « Je réponds que le seul problème de ce dossier est un problème d’argent, une somme de 270.000 euros que j’ai refusé de verser plus l’argent liquide. Le maire, fou de rage, décide de m’expulser et me demande de sortir. Ce que je fais. Il me rattrape sur le pas de la porte, me menace. Heureusement, d’autres élus accourent et l’empêchent de commettre un acte de violence. »
La fille de René Hombourger, elle-même élue et présente lors de ce conseil municipal agité, prend ensuite la parole pour dénoncer la perte de contrôle du maire et rappeler au passage que ce dernier ne communique pas aux élus les courriers recommandés qu’il a reçus, ni même ceux déposés en mairie par voie d’huissier.
Le compte-rendu de la séance du 19 septembre 2016 mis en ligne sur le site officiel de la mairie de Kuntzig le 8 octobre est « arrangé ». Il ne fait aucunement allusion à ces incidents. Un faux de plus en écriture publique (Voir pièce jointe). Heureusement, un huissier de justice a constaté les faits. C’est sur la base de ces éléments que Me Engin Doyduck va déposer un recours en annulation des délibérations du conseil municipal du 19 septembre 2016 devant le tribunal administratif de Strasbourg (Voir pièce jointe).

Des plaintes croisées

Ainsi, le clan mafieux de Kuntzig dirigé par Patrick Becker, harcèle la famille Hombourger à chaque occasion. Début juin 2026, René Hombourger fut convoqué à la gendarmerie à la suite d’une plainte en diffamation déposée contre lui par une certaine Nathalie Coquaire. « Je ne sais pas qui c’est » déclare Hombourger aux gendarmes. Il apprendra vite qu’il s’agit de Nathalie De Lazzer, l’épouse du premier adjoint de Kuntzig, greffière au tribunal judiciaire de Thionville. Elle n’aurait pas apprécié mon silence lors de la cérémonie de vœux à la salle des fêtes de Kuntzig.
L’affaire remonte au 9 janvier 2026. Il y a tous les élus et de nombreux habitants du village. Le premier adjoint, sans doute échauffé par l’ambiance festive, se croit autorisé à jeter quelques insultes à la face de René Hombourger. Son épouse, Nathalie, en rajoute encore. Des injures et même des menaces de mort fusent. « Je vous pendrai au tribunal de Thionville » hurle la greffière !
Pourquoi ce vacarme ? Parce que peu avant les élections municipales, Nathalie De Lazzer avait lancé un tract, sur les réseaux sociaux au nom d’un « groupe des habitants de Kuntzig. » Il était écrit : On cherche à constituer une liste d’opposition contre l’actuelle dictature de la liste Becker » ! Une liste sur laquelle son mari figure en bonne place. Ce tract était passé presque inaperçu. C’est René Homburger et Moselle-Révélations qui ont contribué à le faire connaître. L’unité affichée autour du maire n’était que de façade.

Un paparazzi à l’Ehpad

La haine que nourrit Patrick Becker et son clan à l’égard de ses victimes prend parfois des allures insolites. Voici ce que déclare René Hombourger à la gendarmerie d’Hettange-Grande le 8 juin 2026 (voir Pièce jointe). « Je me suis rendu à l’Ehpad d’Hettange-Grande le vendredi 5 mai 2026 pour rendre visite à Jean-Claude Becker, un habitant du village. C’est aussi un ami. Je voulais discuter avec lui de ses terrains laissés en friche à côté de chez moi. J’ai eu l’accord de l’infirmière principale. »
Ce jour-là, vers 16 heures, René Hombourger était en train de discuter avec Jean-Claude lorsqu’une personne a surgi de nulle part, s’est approchée des deux hommes et les a pris en photos, sous différents angles. Un vrai paparazzi. Après quelques instants d’hésitation, René Hombourger reconnaît Didier Lefevre, membre du conseil municipal de Kuntzig. Une personne peu recommandable impliquée dans de nombreuses procédures pénales. Avant de partir, le photographe amateur lance cette menace pleine de sous-entendus : « Ça nous servira !!! »
C’est donc très surpris que René Hombourger quitte l’Ehpad. Mais il demande avant à voir l’infirmière principale. Elle confirme que personne n’était en droit de nous surveiller et de nous photographier puisque la maison de retraire est un endroit sécurisé.

Quelques instants plus tard, un SMS s’affiche sur l’écran de son téléphone (voir pièce jointe). « Je vous demande de quitter immédiatement l’Ehpad où est hébergé mon père qui est une personne vulnérable. Votre harcèlement régulier et signalé l’affecte dans sa maladie… Je me réserve le droit… Merci de ne plus le contacter. » Pour moi, comme pour le personnel de l’Ehpad, Jean-Claude Becker est en parfaite santé. Il a une bonne mémoire et il est toujours heureux de me rencontrer.
Reste que René Hombourger est stupéfait. Que faisait Didier Lefevre à l’Ehpad, ce jour-là ? Comment était-il au courant de ce rendez-vous de 16 heures ? Est-il surveillé, suivi ? Probablement.
Le clan de Kuntzig est bien une organisation mafieuse aux pratiques éminemment dangereuses. 

Et comment peut-on douter lorsque l’on sait que Patrick Becker est un élu avide d’argent. Il ne se cache pas pour affirmer « avec tout ce que je sais sur les élus de Thionville… Tant qu’ils ne sont pas en taule, je ne risque rien. » Sous-entendu : je peux largement me remplir les proches avant d’être inquiété par la justice.
A Kuntzig, une petite équipe de malfrats a institué la corruption en pratique quotidienne. Et cela ne semble déranger personne.

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