Moselle Révélations

Kuntzig : des terrains et du fric, du fric…

Projet Immobilier Kuntzig (DR)
Projet Immobilier Kuntzig (DR)


Pour n’avoir pas eu le gros dessous de table qu’il réclamait, le maire Patrick Becker a déclassé les parcelles appartenant à René Hombourger, les rendant inconstructibles. Explications.

A partir de 2012, René Hombourger négocie l’achat de parcelles, à Kuntzig, juste en face la société Kluthe. Ils sont classés 1 NA (c’est-à-dire constructibles) au prix de 5.000 € l’are. Il y a une surface d’environ 2 ha. Le But ? construire un lotissement (Voir le plan ci-dessous) une vingtaine de lots, selon la maîtrise foncière.
Mais les choses ne vont pas bien se passer. René Hombourger explique : « J’ai refusé de donner 10.000 euros l’are, plus une enveloppe sous le manteau, à la famille Becker de Kuntzig, dit-il. Les terres appartenaient à l’indivision Becker. A cette époque, Patrick Becker n’était que le premier adjoint. Il deviendra maire en 2014. »
René Hombourger constate peu après que ses terrains destinés à la construction ont été déclassés lors d’un nouveau Plan local d’urbanisme (PLU). Les parcelles concernées sont alors classées A, c’est-à-dire terrains agricoles. « J’ai expliqué à Parick Becker que j’ai acheté il y a plus de vingt ans, les parcelles du futur lotissement Les Passereaux 950 €/are. Mais il n’a rien voulu entendre. »
Pour faire aboutir l’opération, Duho immobilier a racheté des terrains viabilisés. « Le maire de l’époque, Roger Quételard a été efficace au cours de ses deux mandats et nous avons travaillé en bonne harmonie. Nous avons ainsi réalisé deux lotissements : l’un route de Distroff, l’autre chemin des Vignes. »

Des dessous de table

« Le problème de travailler à Kuntzig, c’est le fric et les dessous de table ouvertement exigés par le maire actuel, constate encore René Hombourger. Patrick Becker ne se cache pas pour dire ‘’ avec tout ce que je sais sur les élus de Thionville… tant qu’ils ne sont pas en taule, je ne risque rien ».

Le 22 septembre 2016 le maire saisait le tribunal des Baux Ruraux où il a été débouté. René Hombourger répond au tribunal des Baux Ruraux (Voir ci-dessous). « Je tiens à vous informer du comportement de M. Becker, maire de Kuntzig, suite au jugement du Tribunal Paritaire des Baux Ruraux en date du 5 septembre 2016. »
René Hombourger précise que le maire a fait un exposé tendancieux à son conseil municipal sur l’échec du projet de lotissement, le 19 septembre 2016, tout en dissimulant la réalité du conflit qui consiste à ne pas avoir versé à son père la somme de 270.000 € pour un foncier de 27 ares sur la commune …. »
Au cours de la séance du conseil municipal, deux élus, M. Fritz et Mme Lefèvre, demandent une suspension de séance pour avoir l’avis de René Hombourger présent dans la salle. « Je réponds que le seul problème de ce dossier est un problème d’argent, une somme de 270.000 euros que j’ai refusé de verser. Le maire, fou de rage, décide de m’expulser et me demande de sortir. Ce que je fais. Il me rattrape sur le pas de la porte, me menace. Heureusement d’autres élus accourent l’empêchent de commettre un acte de violence. »
La fille de René Hombourger, elle-même élue et présente lors de ce conseil municipal prend ensuite la parole pour dénoncer la perte de contrôle du maire et rappeler au passage que ce dernier ne communique pas aux élus les courriers recommandés qu’il a reçus, ni même ceux déposés en mairie par voie d’huissier.
On ne peut que regretter les délibérations prises par les élus sur la base d’informations erronées, mensongères et, le plus souvent, en l’absence d’informations nécessaires à une prise de décision éclairée.

La révision du PLU

Le 25 novembre 2016 le maire de Kuntzig signe un arrêté « portant sursis à statuer sur une demande de permis d’aménager » déposée par la Sarl DUHO Immobilier de René Hombourger (ci-dessous). Autrement dit, l’opération est reportée aux calendes grecques. Motif ? « Le PLU est en cours de révision (…). Le projet présenté qui consiste à aménager un lotissement de 20 lots dans une zone INA non équipée, destinée essentiellement à l’habitat, dont les objectifs ne sont plus en phase avec le projet de développement de la commune (…) Le projet tel que présenté risque de compromettre l’aménagement de ce secteur… et impacte le potentiel de développement de la commune… »
Précisons que le préfet de la Moselle avait demandé que la commune liste les ‘’dents creuses’’ (terrains placés entre les maisons) et interdit le développement d’une zone route de Distroff considérée zone agricole et naturelle où toute construction est interdite. Le maire et le commissaire enquêteur sont donc passés outre les recommandations du préfet.

Quant au changement d’affectation des terrains, il a été fait comme nous l’avons dit : en déclassant les parcelles de René Hombourger : de constructibles, elles sont devenues terres agricoles. Ce qui n’a été possible qu’avec la complicité et donc la complaisance du commissaire enquêteur.

Un tel sabotage du PLU n’est pas courant. C’est un travail élaboré d’escroquerie. Il a fallu la complicité de tous les acteurs, ce qui est le cas lorsqu’il s’agit de fraudes et de spoliation des biens légalement acquis. Et surtout le non-respect des orientations de la MRAE (Mission régionale d’autorité environnementale) (ci-dessous). Ce que je préfet a vivement contesté.
L’argent pourrit tout et tout le monde.

À Lire aussi