Moselle Révélations

Le parc de loisirs que Sierck-les-Bains n’aura pas

Moselle Révélations - Sierck-les-bains
Plan du projet Sierck-les-Bains (DR)

Bien que l’affaire soit déjà ancienne, elle reste emblématique de l’incompétence et de la cupidité de certaines personnes chargées du développement touristique de la région.

Dans les années 90, René Hombourger était l’un des promoteurs les plus influents sur la Moselle et même des départements voisins. Il a réalisé de nombreux programmes immobiliers qui font la fierté de son entreprise.
En 1992, sa société SNC DUHO envisage d’acheter avec le groupe britannique Dunhill, un restaurant réputé de Sierck-les-Bains : la Vènerie. C’est là que Dunhill souhaite implanter son siège social en France et développer le tourisme. Il est vrai que le Pays des Trois Frontières où se rencontrent la France, le Luxembourg et l’Allemagne, est connu pour ses paysages magnifiques au bord de la Moselle, son tourisme, ses sites historiques, sa gastronomie traditionnelle et ses vins raffinés. La région est un carrefour d’échanges et de rencontres multiculturelles.

Un village, un casino, un hôtel…

D’autres grands acteurs s’associent au projet comme SunParks International. Un architecte thionvillois de renom, Roger Schott est chargé de réaliser les plans et de préparer les avant-projets (ci-dessous). Les réunions s’enchainent pendant un an avec les représentants des autorités locales. La DDE (direction départementale de l’Equipement) est alors représentée par un certain Roger Schreiber qui, plus tard, sera élu à Thionville et deviendra adjoint chargé de l’urbanisme.
« J’ai conduit Roger Schreiber en Belgique pour visiter deux Center Park pour lui donner une idée du parc de loisirs que nous souhaitions réaliser à Sierck », explique René Hombourger.

Il s’agissait de réaliser un village sde vacances sur une superficie importante, avec un casino, un centre de remise en forme thalassothérapie, une galerie marchande, un club de sport, un hôtel de 150 chambres, 550 appartements sous la forme de résidence hôtelière, 200 villas bungalows et un golf de 18 trous comme en témoigne ce rapport de réunion du 22 décembre 1992 en mairie de Sierck-les-Bains (ci-dessous). Montage du projet : 600.000 Francs, délai de réalisation : 2 ans. Création d’emplois : 450 à 500. Il s’agissait sans doute le premier centre de vacances de ce type en France.

« Le projet détruit »

Le groupe SunParks International confirme son intérêt pour la réalisation de Sierck-les-Bains dans un courrier du 4 novembre 1993 (ci-dessous). Mais l’entreprise internationale a des exigences en termes de surface de terrains, de constructions de villas et de financements.
Dans le même temps, le groupe Dunhill confirme à René Hombourger via un notaire de Sierck, Me Huchon, son intérêt pour acquérir le restaurant la Vènerie pour implanter son siège national français (ci-dessous).
Las ! « Le comportement de certains élus, comme le maire de l’époque de Rettel, et de certains fonctionnaires de la DDE ont fait échouer le dossier » explique René Hombourger. Le maire de Thionville (à l’époque Jean-Marie Demange) et Roger Schreiber ont détruit le projet par simple jalousie ».
Pour couronner le tout, le mobilier et les pièces de valeur du restaurant la Vènerie, ont été volés et revendus à des antiquaires allemands. « Déçu par le microcosme local, et s’estimant trahi, le Groupe Dunhill s’est retiré de l’affaire, constate encore René Hombourger. Le Pays des Trois Frontières et toute la région ont été privés d’un magnifique outil économique et touristique. » (Ci-dessous).

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